Le Palmarès du Festival du Court Métrage d'Humour de Meudon.
Soirée d’ouverture : Hommage à Jean Vigo
Mercredi 6 octobre à 20h30 (reprise : Samedi 9 octobre à 18h15)
Zéro de conduite apparaît d’abord comme une suite de reportages sur la vie dans un collège au début du siècle, puis surgissent des objets inattendus qui nous font passer dans un autre monde, celui de l’imaginaire de ces enfants révoltés contre l’injustice. Chaque séquence glisse de la réalité la plus laide à l’imagination qui la rend supportable. De la moindre chose, les enfants tirent des joies : jouets très ordinaires dont s’amusent Bruel et Caussat dans le train, bataille de polochons qui se transforme en une procession magique et onirique. Le pion Huguet, lui, a gardé son esprit d’enfance : il imite Charlot ou trace, en faisant le poirier sur son bureau, un dessin qui s’anime !

Zéro de conduite est un film quasi expérimental où les idées fusent de toutes parts, où le surréalisme formel de ce cinéaste anarchiste s’acoquine d’une passion viscérale pour le cinéma burlesque. Zéro de conduite n’est pas un film très facile
à regarder, de par sa forme et de par la qualité de l’image
et du son de la copie, mais il est indispensable pour
tous ceux qui portent la flamme du cinéma en eux. Truffaut
et les réalisateurs de La Nouvelle vague portaient aux nues Zéro de conduite, qu’ils qualifiaient de monument.
Zéro de conduite est devenu un film mythique, plus souvent connu que réellement vu. Bien sûr la personnalité de Vigo, mort à vingt-quatre ans après quatre films, y est pour quelque chose, sans oublier le fait que ce jeune cinéaste turbulent, inflexible
et novateur est le fils d’un anarchiste “suicidé” en prison
alors que Jean Vigo n’avait que douze ans…
   

"Tous les cinéastes cherchent le cinéma et le découvrent partiellement. Vigo est le cinéma incarné dans un homme. A voir ses films, on se rend compte qu'il est beaucoup plus qu'un metteur en scène, qu'il ne se contente pas d'épeler, qu'il n'explore pas une terre étrangère. Il y est né. C'est pourquoi il fait des films comme il respire. Il voit, il rêve, il vit cinéma." Henri Langlois, Trois cents ans de cinéma, Ecrits.

Jean Vigo
(Avril 1905 – Octobre 1934)
1930 A propos de Nice
1931 Taris ou la natation
1933 Zéro de conduite
1934 L’Atalante
 
Zéro de conduite
comédie de Jean Vigo
1933 • Fiction • 42’ • 35 mm noir et blanc • 1,37
Production : Jacques Louis-Nounez pour Argui-Films
Scénario : Jean Vigo
Image : Boris Kaufman Montage : Jean Vigo
Son : Royné et Bocquet Musique : Maurice Jaubert
Interprétation : Jean Dastet (Huguet), Louis Lefebvre (Caussat), Gilbert Pruchon (Colin), Gérard de Bédarieux (Tabard), Constantin Kelber (Bruel), Robert le Flon (“Pète-Sec”), Blanchar (“Bec-de-Gaz”).
Distributeur : Gaumont
Bibliographie : Luce Vigo “Jean Vigo, une vie engagée dans le cinéma”. Dossier pédagogique disponible sur le site www.crac.asso.fr

Dans le train de la fin des vacances qui les ramène au collège, deux internes partagent les trésors de farces et attrapes qu’ils ont collectionnés en ces teps de liberté enfuie. Le surveillant général “Pète-sec“ les attend en gare d’arrivée pour les conduire en rangs serrés dans la nuit vers le sinistre dortoir qu’ils ne connaissent que trop. A leurs côtés, le nouveau “pion”, qui était, sans qu’ils sachent sa destination, leur compagnon de voyage, et le jeune garçon que sa mère confie à regret au surveillant, ont l’air nettement plus désemparés qu’eux. Ainsi commence une année scolaire, avec les brimades des professeurs et l’arrogance d’un proviseur inversement proportionnelle à sa taille, avec les amitiés qui se nouent et le vent de révolte qui commence à souffler. Il se déchaînera le jour de la distribution des prix, dans un joyeux bombardement de corps constitués à partir du toit de l’établissement d’où les rebelles brandissent le drapeau noir de l’anarchie.