Le Palmarès du Festival du Court Métrage d'Humour de Meudon.
Max Linder et Charlie ChaplinHommage à Max Linder

Maud Linder nous propose pour cette soirée d’ouverture une sélection de courts métrages réalisés par son père. Nous tenons à la remercier chaleureusement de cette précieuse collaboration sans laquelle nous n’aurions jamais pu vous faire découvrir ou redécouvrir ces véritables chefs-d’œuvre. Avec un accompagnement traditionnel au piano de Pino de Lattuca.

« Max Linder : c’est le plus grand homme du cinéma français. Lui seul, avant tous les autres, a compris la simplicité nécessaire du cinéma. Il a montré une intelligence prodigieuse dans l’exécution de ses films… C’est un vrai comique et un vrai humoriste. », Charles Chaplin

 
Avec son haut-de-forme, sa canne à pommeau et ses gants beurre frais, c’était un séducteur volage que mon grand bonhomme de père. A ma connaissance, il est le seul comique qui ait su faire rire sans se départir de son charme inné et de son élégance. Est-ce pour cela que je me le suis adopté à l’âge de 20 ans, dès que je l’ai vu pour la première fois sur un écran ? Peut-être…
Depuis ce temps-là, je suis restée de longues heures en tête-à-tête avec lui dans ma salle de montage. Et je crois être arrivée à bien connaître son œuvre. J’admire la variété de son comique et la multiplicité généreuse de ses gags. Je sais aussi qu’il a été le premier avant tous les autres à débroussailler le chemin - avant lui, ce n’était que poursuites, chutes, tartes à la crème. Et pourtant, ceux qui ne sont pas des cinéastes avertis et qui le découvrent aujourd’hui pour la première fois, peuvent croire que Max Linder a copié ou transposé un gag qu’ils ont déjà vu par ailleurs. Néanmoins, c’est la plupart du temps Max Linder qui en a été le tout premier créateur.
Pôvre père, dont l’œuvre a été pillée, oubliée et souvent détruite.
Mon père ? Lui redonner la place qui lui revient.
Savez-vous qu’il a été la première grande star internationale du cinéma… et qu’il a fallu faire appel à l’armée pour seconder la police afin qu’il puisse sortir de la gare de Moscou ? Le public l’adulait… Et quand il m’est donné de présenter ses films à New York, Berlin ou Montréal, les frontières du temps s’effacent et Max Linder, plus moderne et dynamique que jamais, fait toujours rire d’un rire joyeux, franc et spontané, nous emportant loin du vulgaire, du malsain, du sordide.
« Quand on rit avec Max Linder, on rit en bonne compagnie » disait Marcel Achard. Que cette occasion nous soit donnée souvent, c’est mon désir le plus ardent.

Maud Linder
préface de « Le comique à l’écran » (CinémAction)

   "Le personnage de Max, fixé vers 1910,
est un fils de famille, impeccablement vêtu. Lorsqu’il ne courtise pas les belles, il fait la noce, buvant parfois un coup de trop.
Max habite de beaux appartements, est servi par des domestiques, fréquente les salons, mais ne travaille jamais. Ses aventures, en général imposées par ses bien-aimées, rappellent les épreuves que les belles-dames-sans-merci imposaient à leurs chevaliers servants, au temps des cours d’amour… Ses courtes saynètes, qui se déroulent dans les milieux bourgeois ou petit-bourgeois, sont conçues comme des nouvelles. Leur concision et leur justesse de ton évoquent Labiche ou Maupassant. Elles sont dépourvues de toute âpreté. Tout est gentil, charmant, aimable."

Georges Sadoul


Max Linder (1883-1925)
Comédien, réalisateur et scénariste. La grande figure comique d’avant 1914, reconnu par Charles Chaplin comme son maître. Il fut presque toujours son propre scénariste et parfois son metteur en scène. Il participa à 200 ou 300 films, parmi lesquels : La Première sortie (1905), Les Débuts d’un patineur (1907), Max professeur de Tango, Max et le quinquina, Max Toréador… (1908-1914), Le Petit café (1919). Aux États-Unis : Soyez ma femme (1921), Sept ans de malheur (1921), L’étroit mousquetaire (1922)…